Atelier de l’ACELAC sur la gouvernance environnementale en Amérique latine

Pour l’ensemble des contributeurs de cet atelier, le choix de travailler sur l’Amérique latine relève d’un engagement personnel. Plusieurs ont consacré une grande partie de leur vie à faire de la recherche sur le terrain tout en acceptant de vivre des situations où souvent ils doivent se contenter d’être des témoins. Témoins d’injustice et d’inégalités; témoins de souffrances et de dangers; témoins de rêves brisés et de vies tronquées. Leurs travaux qui seront présentés ici laissent entrevoir leur rêve en tant qu’individu pour une Amérique latine plus juste et plus respectueuse de son environnement et de ses habitants.


Cet atelier, je l’espère, sera le début d’une longue discussion et collaboration qui débouchera sur la publication d’un ouvrage collectif trilingue sur la question de la gouvernance environnementale en Amérique latine. Par la diffusion du produit de cette rencontre, nous espérons pouvoir ouvrir une brèche laissant entrevoir qu’un « autre monde est possible », un monde où les prises de décision ayant un impact sur la gestion territoriale et le quotidien des communautés locales deviennent inclusives. Cet « autre monde » existe déjà, dans les têtes et dans les cœurs de plusieurs d’entre nous. Maintenant, comme le disait feu Abbé Pierre en France, « il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir ».


Lorsqu’il est question de sauvegarde de la diversité biologique, trop souvent oublie-t-on que des efforts d’une magnitude équivalente devraient être investis dans la sauvegarde de la diversité culturelle et, de là, de patrimoines culturels. Avec cet atelier, nous désirons conscientiser la population de Québec à l’importance de maintenir ces deux types de diversité.


Para todos los que contribuyen en este taller, la eleccion de trabajar sobre America latina proviene de un compromiso personal. Muchos de ellos han pasado gran parte de su vida en america Latina, aceptando situaciones donde solo pueden ser testigos. Testigos de injusticias y de desigualdades, testigos de sufrimientos y de peligros; testigos de suenos rotos y de vidas truncadas. Los trabajos presentados aqui dejan vislumbrar su propio sueno para una America latina mas justa y mas respectuosa de su medio ambiente y de sus pobladores.


Este taller, espero, sea el principio de un largo intercambio que tenga como fruto la publicacion de un libro colectivo trilingue sobre la cuestion de la gobernancia medio ambiental en América latina. Con su difusion, esperamos poder abrir una brecha haciendo que otro mundo sea posible, un mundo donde la toma de decisiones que tienen un impacto sobre el manejo del territorio y la vida cotidiana de las communidades locales sea mas incluyente. Este « otro mundo » ya existe, en las cabezas y corazones de muchos de nosotros. En las palabras del Abate Pierre en Francia, « la voz de los hombres sin voz tiene que impedir  a los poderosos dormir ».


Cuando se trata de salvaguardar la diversidad biologica, muy frecuente se olvida que esfuerzos de magnitud semejante deberian estar invertidos en la salvaguarda de la diversidad cultural y del patrimonio cultural de los pueblos. Con este taller, quisieramos concientisar la poblacion de la ciudad de Quebec a la importancia de mantener estos dos tipos de diversidad.


Le caractère novateur de cet atelier portant sur la conservation et la gouvernance environnementale en Amérique latine réside dans l’alliance de différentes formes et sources de savoir donnant lieu à un regard critique qui questionne le rôle et le pouvoir des populations locales dans la gestion de leur territoire.


L’approche artistique du photographe Belem Tlatilpac Hernández  (ci-contre) dans son exposition « En autant que tu respires » permet de rendre compte d’une perspective locale sur l’enjeu de la diversité biologique dans un milieu peu valorisé pour ses richesses naturelles : le semi-désert du Querétaro, centre du Mexique.  Cette exposition a le mérite de porter à notre attention les beautés sous-estimées d’environnements semi-arides et de révéler l’urgence de leur protection.


Quant au chercheur et réalisateur Eliezer Arias (à gauche dans la photo ci-contre, avec Belem Tlatilpac Hernandez), du Venezuela, en prêtant sa caméra à des membres de groupes ethniques minoritaires du sud de son pays, il veut faire entendre une pluralité de voix à l’intérieur du débat sur la gouvernance territoriale autochtone.


– Nathalie Gravel

Présidente



 

4 décembre 2007

Pavillon La Laurentienne

Université Laval